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Catégorie: Phileas Fogg Challenge

Une mémoire d’éléphant, Agatha Christie

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Une mémoire d’éléphant d’Agatha Christie Éditions Le Livre de Poche. 1972. 187 p. (Roman policier)

Jamais une querelle, pas une seule incartade… Les Ravenscroft filaient le parfait amour. Si on ajoutait à cela une excellente réputation et une situation financière confortable, on pouvait en déduire qu’ils étaient de ceux qui meurent dans leur lit. Et non d’une balle dans la peau. Double suicide, a conclu la police, sans trop y croire. Une fin singulière pour un couple uni et paisible… Mais qu’envisager d’autre ? Un double assassinat ? Un meurtre suivi de suicide ? Guère plus plausible. Alors ? Alors, Hercule Poirot a horreur des histoires inachevées. Et même si le début de celle-ci remonte très loin dans le passé, il en connaîtra le fin mot… Comme d’habitude.

Pourquoi ce livre ?

Les romans d’Agatha Christie sont une valeur sûre, ils me permettent de m’évader le temps d’un instant, de faire une pause agréable dans mes lectures plus lourdes car ces courts romans se lisent facilement et rapidement avec une qualité certaine au rendez-vous. Étant actuellement dans un long roman dans lequel j’ai des difficultés à avancer, je me suis octroyé une petite pause Agatha Christie avec Une mémoire d’éléphant.

Ce que j’en ai pensé

La dernière fois, je vous présentais Cinq petits cochons d’Agatha Christie qui a des similitudes avec le présent roman. Dans les deux cas, il s’agit d’un meurtre qui s’est déroulé dans le passé sur lequel mon détective préféré, Hercule Poirot, est amené à enquêter. On trouve d’ailleurs dans cet ouvrage plusieurs références aux Cinq petits cochons. Par cette transversalité entre les différentes histoires, l’auteur arrive à créer un réel univers autour de ses personnages nous permettant de nous y attacher.

Contrairement aux Cinq petits cochons, Une mémoire d’éléphant n’est pas répétitif car l’investigation ne se base pas sur la reconstitution du meurtre mais sur la recherche d’indices dans le passé des victimes afin de comprendre pourquoi le ou les meurtres ont pu avoir lieu. En revanche, encore une fois, la chasse aux souvenirs se basant sur des récits ne laisse pas beaucoup de place à l’action.

Pour une fois, je suis un peu déçue par les personnages, notamment les victimes qui manquent de relief. Cela s’explique de deux manières : les personnes interrogées ne semblent pas leur avoir été très proches et contrairement aux Cinq petits cochons, ce n’est pas la psychologie des personnages que l’on tente de comprendre mais on est à la recherche de faits passés expliquant le mobile du ou des meurtres.

Le ou les meurtres ainsi que leur mobile témoigne des qualités imaginatives de l’auteure, ce qui lui vaut à encore une fois mon admiration.

En résumé 

Sans surprise, un roman agréable et facile à lire. Néanmoins, les enquêtes qui reviennent sur des événements passés ne sont pas mes favorites et ce roman d’Agatha Christie fait partie de ceux qui m’ont le moins plu.

Revanche, Cat Clarke

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Revanche de Cat Clarke,
Éditions Robert Laffont (R). 2013. 491 p.
(Young adulte)

Kai et Jem sont inséparables. Jem aime secrètement son meilleur ami, qui serait l’homme idéal s’il ne préférait les garçons… À la fin d’une soirée d’ivresse chez des amis communs, Jem rentre seule chez elle, Kai demeurant étonnamment introuvable. C’est le lendemain que tout bascule : la jeune fille reçoit un email de la part de ce dernier, avec en pièce jointe une vidéo de lui en compagnie d’un garçon qu’il a trouvé postée sur Internet. Cette vidéo plus que compromettante est très vite partagée par tout le lycée et Kai reçoit une salve d’e-mails agressifs qu’il ne peut bientôt plus supporter. Lui qui n’avait pas encore fait son coming out finit par craquer et se suicide… À la suite de ce drame, Jem prend trois résolutions : découvrir la vérité, venger son ami et se suicider elle aussi. Alors qu’elle mène sa petite enquête, elle reçoit un jour une lettre anonyme contenant trois noms : ceux des responsables. Sans hésitation, Jem abandonne son look gothique et décide d’approcher ces garçons. Mais sont-ils réellement les coupables ?

Pourquoi ce livre ?

Je dois commencer par dire que ce n’est pas du tout le genre de roman que je lis habituellement. C’est un énorme concours de circonstances qui a fait que je me suis retrouvé à le lire. Prenez une demoiselle qui a oublié ses livres chez elle, un passage chez une amie, un livre dont on parle beaucoup, un peu de curiosité… Et me voilà en train de lire Revanche.

Ce que j’en ai pensé

Je suis assez mitigée sur ce livre car si sa lecture ne m’a pas procurée des myriades d’émotions, une semaine après, il me reste encore en travers de la gorge.

L’écriture de Cat Clarke est très fluide et ce livre se lit facilement. Je l’ai donc lu très rapidement car il faut l’avouer, cette histoire est prenante. L’auteure instaure un suspense qui dure tout au long de l’histoire. Même si j’ai deviné le fin mot de l’histoire, un suspense reste un suspense et l’on veut savoir si on est dans le vrai et comment l’auteure peut encore nous surprendre.

Ce sont les thèmes de la revanche et du suicide m’ont attirés. Je trouve que les deux thèmes sont traités de manière réaliste et c’est pour cela que ce livre est marquant. Le contexte permet de comprendre ce désir de revanche même si je ne le cautionne toujours pas. Pour parler du suicide, je reprendrais la citation de Victor Hugo : « Le suicide n’est pas une lâcheté comme le disent les prêcheurs qui exagèrent. Ce n’est pas non plus un acte de courage. C’est une lutte entre deux craintes. Il y a suicide quand la crainte de la vie l’emporte sur la crainte de la mort« . C’est donc la « crainte de la vie » que je tente de comprendre. Est-ce que ce livre m’a donné des pistes ? Je pense que la réponse est oui…

De manière contradictoire, l’environnement lycéen m’a un peu ennuyée, mais il a participé à l’impact que cet ouvrage a eu sur moi. Certains passages ne m’ont pas plu mais je je retiens davantage l’oeuvre en général ainsi que ses messages.

En résumé

Même si durant la lecture, je n’ai pas été particulièrement touchée, ce livre m’a hanté durant les jours suivants comme si je connaissais personnellement ses protagonistes. C’est là que l’auteure a fait une prouesse, elle a réussit à retranscrire une histoire qui nous parle, qui nous marque et qui suscite la réflexion.

La terre des mensonges [tome 1], Anne B. Ragde

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La terre des mensonges d’Anne B. Ragde
Éditions 10/18 (domaine étranger). 2009. 350 p.
(roman contemporain)

Quelques jours avant Noël, en Norvège, dans une ferme délabrée de Trondheim, la tyrannique Anna Neshov se meurt. Ses trois fils, leur père, ombre fantomatique et Torunn, l’unique petite-fille, se retrouvent alors pour la première fois pour une confrontation explosive où éclateront les drames secrets dont sont tissées leurs vies… 

Mon avis sur le tome 2 : La ferme des Neshov

Pourquoi ce livre ?

Cette saga que l’on m’a prêtée tombe à pic pour mon Phileas Fogg challenge. Quand je me suis inscrite à ce challenge, je ne me suis pas doutée que je ferais un voyage en Norvège ! Et ça tombe bien car c’est la première fois que je découvre ce pays à travers la lecture.

Ce que j’en ai pensé

L’action met un peu de temps à démarrer. Mais l’auteure prend plaisir à mettre en place cette ambiance pesante et dérangeante en nous faisant entrer dans le quotidien des différents membres d’une famille qui n’ont pas grand chose en commun. Pourtant, un événement va à nouveau les réunir et ils vont devoir redevenir une famille malgré eux.

Les personnages m’évoquent la tristesse, on ressent chez eux le poids de la vie et de la famille. Leurs caractères et leurs histoires se révèlent au fil de l’intrigue que l’on savoure d’autant plus.

Le thème de la famille déchirée m’a beaucoup plu. L’histoire n’est pas complexe mais la manière dont l’auteur nous décrit les différentes scènes de la vie quotidienne et les réactions des personnages donne une autre dimension à une réalité sur laquelle on s’attarde rarement.

J’ai beaucoup apprécié la fin totalement inattendue qui m’a laissée abasourdie.

En résumé

– Une ambiance pesante.
– Une auteure que j’ai pris grand plaisir à lire et à découvrir.
– J’ai dévoré ce bouquin et que j’ai hâte de lire la suite de cette saga !

Le ventre de Paris, Emile Zola

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Le ventre de Paris d’Émile Zola
Éditions Le Livre de Poche (Les Classiques de Poche). 2009. 384 p.
(Roman classique)

C’est dans les Halles centrales de Paris récemment construites par Baltard que Zola situe son troisième épisode des Rougon-Macquart. Après « la course aux millions » décrite dans La Curée, ce sera la fête brenghelienne du Ventre de Paris, ses amoncellements de victualiies, ses flamboiements de couleurs, ses odeurs puissantes.

Florent, arrêté par erreur lors du coup d’Etat du 2 décembre 1851, s’est évadé du bagne de Cayenne. Il retrouve à Paris son demi-frère qui, marié à la belle Lisa Macquart, fait prospérer l’opulente charcuterie Quenu-Gradelle. Mais la place de Florent est-elle à leurs côtés ? A-t-il renoncé à ses rêves de justice ? Car si l’Empire a su procurer au « ventre boutiquiers », au ventre de l’honnête moyenne… le consentement large et solide de la bête broyant le foin au râtelier, il n’a guère contenté les affamés. Et la grande kermesse flamande va réveiller bientôt l’éternel affrontement des Maigres et des Gras.

Pourquoi ce livre ? 

Il me reste un très bon souvenir du roman de Zola Au bonheur des dames que j’ai lu il y a quelques années. Honte à moi, je n’ai lu que cet ouvrage de Zola. Je souhaitais donc me replonger dans l’univers de cet auteur en continuant dans la série des Rougon-Macquart. Le ventre de Paris a longtemps erré dans ma wishlist jusqu’à ce que mon voeu soit exaucé noël dernier. Une bonne occasion de me remettre aux classiques qui reste mon genre préféré.

Ce que j’en ai pensé

Ce qui marque le plus pendant la lecture de cet ouvrage et même après, c’est l’énorme travail descriptif que fait l’auteur d’un lieu unique que sont les halles centrales de Paris pendant le second empire. Émile Zola nous immerge ainsi dans un univers et une ambiance d’abondance. Cette abondance est omniprésente, notamment au travers de la nourriture, ses couleurs, ses odeurs, ses textures, etc. Cette profusion alimentaire est merveilleusement décrite, mais omniprésente tout au long de l’histoire, elle finit par lasser. A la fin du roman, mon imagination n’a même plus fait d’efforts pour me figurer toutes ces descriptions.

Lorsqu’on connait bien ce quartier aujourd’hui, il est impressionnant de voir comme il a évolué que ce soit en termes d’aménagement des rues, de vie de quartier, de relations ou d’ambiances. Ce roman est une réelle richesse en termes de témoignage, telle une immense photographie du passé.

Quant à l’intrigue, j’ai du mal à m’exprimer tant elle est noyée dans un flot de nourriture. Au milieu de tout cela, on discerne une satire de la société plutôt bien menée bien que je n’ai pas particulièrement été prise dans l’histoire.

En résumé

Ce livre avait pourtant bien commencé que ce soit pour son décor ou pour son histoire. Mais à mesure que j’avançais, ça s’est quelque peu essoufflé. Pour conséquence, j’ai mis 8 jours à venir à bout de ces 384 pages néanmoins agréables malgré des longueurs.